Entre brevets et fines analyses de notre économie, les chercheurs du CNRS, dans de nombreux domaines, étudient et tentent de comprendre les logiques qui régissent notre système économique, afin de l'améliorer et de réduire toujours plus l'impact de notre société sur l'environnement qui nous entoure. Le GRETHA (groupe de recherche en économie théorique et appliquée) est un ensemble de chercheurs qui ensemble œuvrent pour trouver des solutions durables à des problèmes socio-économiques de grande ampleur. Récemment, l'Unité de recherche a étudié la croissance des entreprises en France. Quels secteurs ont particulièrement connu une croissance importante au cours des dernières années et quels sont ceux au contraire qui sont en récession ? Découvrez vite le rapport et l'analyse des membres du GRETHA.
Le GRETHA : une unité de recherches à l'Université de Bordeaux
Le GRETHA est une Unité Mixte de recherche (UMR) qui appartient au CNRS de l'Université de Bordeaux. Cette UMR a été créée en 2007 pour étudier et analyser l'économie environnementale en France et à l'international.
Les principales missions de l'UMR est de confronter des modèles prévisionnels économiques avec des contraintes écologiques, mathématiques et numériques, qui permettront de proposer des solutions pour enrayer certains problèmes de société actuels comme :
- l'impact sur l'environnement,
- l'incertitude de la gestion politique de la crise environnementale et économique actuelle,
- la mise en place de solutions et politiques durables et efficaces, etc.
Le GRETHA travaillent constamment dans des situations incertaines et ne peut faire que des prévisions grâce aux données recueillies et à l'analyse des statistiques. C'est pourquoi en général plusieurs scénarios différents sont présentés avec à chaque fois des variables distinctes afin de montrer une vision étendue de la situation et d'ainsi faire émerger des alternatives possibles et réalisables. L'innovation est au centre de cette UMR qui a déjà permis l'élaboration et la mise en place de nombreux projets comme le "Seaview Network" sur l'activité de la pêche ou encore "Across ou Capacité d'adaptation, résilience et changement de régime des récifs coralliens au sein des systèmes côtiers socio-écologiques".
Un des projets d'études actuel de l'UMR du GRETHA : la croissance des entreprises en France
Le GRETHA a décidé récemment de se pencher sur la question de l'activité des entreprises en France. Comment se porte l'entrepreneuriat français ? Pas seulement à Paris, mais dans la France entière ? Quels secteurs d'activité prédominent actuellement ? Les chercheurs de l'UMR du GRETHA ont tenté de répondre à toutes ces questions et notamment en faisant une analyse scrupuleuse et poussée des extraits Kbis des entreprises. Cette longue étude a permis au GRETHA de tirer certaines conclusions sur la croissance des entreprises françaises et sur les stratégies qu'elles ont réussi à mettre en place durant ces dernières années.
Pourquoi étudier les Kbis des entreprises pour en apprendre plus sur notre environnement économique ?
L'extrait Kbis d'une entreprise regorge d'informations sur les sociétés françaises. C'est pourquoi les chercheurs de l'UMR du GRETHA ont décidé de les analyser pour en tirer des conclusions intéressantes afin de faire avancer leurs recherches.
Qu'est-ce qu'un extrait Kbis ?
Un extrait Kbis est un document qui fait office de carte d'identité d'une entreprise. Ce document administratif regroupe toutes les informations d'une société :
- son nom ou sa raison sociale,
- l'adresse de son siège social,
- le nom de son dirigeant,
- son numéro SIREN et SIRET,
- sa date de création,
- son statut juridique,
- sa situation juridico-légale (en activité, radiée, en redressement, etc.),
- son capital,
- le nombre de salariés, etc.
Ce document est donc une mine d'informations pour les chercheurs de l'UMR du GRETHA qui ont ainsi accès à de multiples informations concernant les entreprises françaises.
À quoi sert-il ?
Les extraits Kbis en France ont plusieurs utilisations. Tout d'abord, il est obligatoirement demandé pour certaines démarches, comme la création d'un compte bancaire professionnel ou lorsqu'un entrepreneur veut acheter des fournisseurs à un vendeur en gros réservé aux professionnels.
Mais, l'utilisation d'un Kbis ne se limite pas à cela. En effet, ce document est public est peu être porté à la vue de n'importe qui. Il ne s'agit donc pas d'un document confidentiel, mais bien public. C'est pourquoi toute personne majeure peut en faire la demande. D'ailleurs, il est assez courant que les entreprises avant de faire un partenariat demande ce type de document pour s'assurer que l'entreprise existe et que son activité soit pérenne.
Comment l'obtenir ?
Obtenir un extrait Kbis est une procédure gratuite pour le chef d'entreprise. Il lui suffit de créer un espace sur le site monIdenum en saisissant son numéro SIRET. Il pourra alors télécharger en PDF de manière immédiate son extrait Kbis et le transmettre à la personne ou à l'entité qui lui en a fait la demande. Pour les personnes non-entrepreneurs, elles devront se tourner vers le site Infogreffe ou directement au Tribunal de commerces et des sociétés pour en faire la demande.
Verdict : la situation des entreprises françaises ces dernières années
Selon les études réalisées par l'UMR du GRETHA en comparant et en confrontant les données trouvées dans les extraits Kbis des sociétés françaises. Les chercheurs de l'UMR se sont rendus compte que malgré les circonstances économiques peu favorables actuellement, le nombre de créations d'entreprises continue de progresser, surtout en ce qui concerne le régime des microentrepreneurs.
En 2022, le nombre d'entreprises créées dépasse les 1 050 000 sociétés. Depuis 2021, ce chiffre reste plus ou moins stable. Ce sont notamment la création de nombreuses entreprises sous le régime de la microentreprise qui ont fait grimper les chiffres avec une augmentation de plus de 15 % pour les autoentreprises.
L'entrepreneuriat français continue donc d'attirer les vocations. Toutefois, certains secteurs d'activité sont plus performants comme les services à la personne, le soutien en droit et aux affaires des entreprises, le secteur informatique et de la communication ou encore celui de la santé et de l'enseignement. Par contre, d'autres secteurs comme l'hôtellerie et la restauration, le commerce sont en récession depuis plusieurs années consécutives. Le bilan est donc mitigé. Certains secteurs d'activité ont réussi à trouver des stratégies pour s'adapter aux contraintes de ces dernières années (crise sanitaire et économique) et d'autres ont eu plus de difficultés. Peut-être grâce aux statistiques et aux analyses de l'UMR du GRETHA sera-t-il possible de repenser certaines politiques gouvernementales afin d'aider au mieux les secteurs les plus en difficulté.